ASSOCIATION INTERNATIONALE POUR LE DEVELOPPEMENT
                                        DE L'ENSEIGNEMENT AU VIET NAM ( AIDEV )

                                     

                                                 2e JOURNEE DES ASSOCIATIONS D'AMITIE    

                                                    ET DE SOLIDARITE AVEC LE VIET NAM

                                                                a Montreuil le 6 Juin 2015

 

Intervention de Pham thi Anh Thu

 

Comme l’a présenté notre président, l’un des principaux axes de l’activité de notre association concerne

 l’enseignement universitaire. Je voudrai faire part de notre expérience de plus de 20 ans sur ce sujet

.et en particulier sur les points suivants :



1) L'enseignement/recherche universitaire ne doit pas n’être que théorique, mais s’accompagner de travaux

 pratiques.. Ceci est particulièrement vrai en ce qui concerne les matières scientifiques, notamment les

 sciences expérimentales. L’Université vietnamienne est encore pauvre, et les moyens manquent pour

 assurer des travaux pratiques. Ceux ci se bornent souvent à des démonstrations opérées par le professeur

 ou un assistant, et le plus souvent des expériences de base, un peu obsolètes. D’après ce que nous avons

 pu constater, les cours théoriques, quand ils sont associés à des expérimentations, sont très appréciés.

La plupart des étudiants, en particulier ceux du 1er et 2eme cycle, ont rarement tenu dans leurs mains une

 micropipette ou fait eux-même une analyse d’ADN. Quand on leur offre la possibilité de réaliser eux-mêmes

 une analyse génétique ou de faire voler un drone qu’ils ont eux-mêmes construit, imaginez le enthousiasme

 et leur implication !


2) L’enseignement universitaire doit porter sur des thématiques nouvelles, mais aboutir à des projets

 permettant de résoudre des problèmes de la réalité socio-économique. Nous savons tous que l’Université

 vietnamienne à l’heure actuelle ne peut se payer le luxe de faire de la recherche fondamentale. Ainsi, si

 l’enseignement dispensé par les experts de l’extérieur peut se prolonger par un projet de développement,

 les effets au niveau socio-économiques seront immédiatement concrétisés et l’impact en serait amplifié.

Un exemple : nous avons dispensé à l’Université d’Agronomie et de Foresterie de HCMville un

 enseignement sur les OGM, enseignement théorique et pratique, et le résultat c’est la création d’un

 laboratoire de contrôle d’OGM en activité et en cours d’agrément par l’Etat.
 

3) Un dernier mot sur la francophonie (si j’ai le temps) Il ne faut pas se voiler la face : la francophonie perd

 du terrain au Vietnam. Néanmoins, si par pragmatisme, les vietnamiens se tournent de plus en plus vers

 l’anglais, il reste encore un très grand capital de sympathie envers la France. Pour preuve, le nombre

 croissant de jeunes qui choisissent de venir en France suivre des études supérieures. Ce sont ces jeunes

 qui seront dans les années à venir la force vive et la base solide de l’amitié franco-vietnamienne. Alors,

 lançons un appel au gouvernement français : Donnez plus de bourses aux jeunes vietnamiens, pas

 seulement pour venir apprendre le français, mais également et surtout dans les domaines scientifiques et

 techniques, car c’est le moyen le plus sûr de garantir des échanges fructueux entre nos deux pays pour

 l’avenir.